Mise au point à propos des masques distribués

Lors de notre distribution de masques le vendredi 05 juin sur le marché paysan de Limans, nous avons été interpellé par une habitante refusant ouvertement l’offre de la mairie. Elle lui reprochait de ne pas avoir distribué de masque aux enfants de l’école, et d’avoir acheté des tas de masques en provenance d’Italie ou d’ailleurs, alors que localement s’était constitué un atelier de production, les “couturières solidaires” que nous laissions donc tomber. Ces affirmations qui peuvent paraître de bon sens nécessitent un petit retour “historique” et quelques précisions.

Les couturières solidaires ont produit près de 2700 masques

L’atelier des “couturières solidaires” s’est créé spontanément, presque au tout début de la pandémie. La France était très mal préparée : manque de places dans les hôpitaux gérés dans l’improvisation par un personnel en lutte depuis des mois, voir des années, manques de masques de réserves, d’appareils respiratoires, de tests… Les masques totalement insuffisants étaient réservés aux personnels soignants. La pénurie de masques a amené certains officiels gouvernementaux à affirmer, chose insensée, que le port du masque est presque inutile pour les non-soignants.

C’est dans ce contexte que des particuliers ont fabriqué eux-même des masques, et que se sont créés des associations qui se sont lancées dans la fabrication de masques en tissus, blouses, etc. Des personnes ont donc pris l’initiative d’installer un atelier de couture dans une salle de la Mairie de Forcalquier. Nous les en remercions chaudement. Elles ont été très claires sur leurs objectifs : pallier autant que possible, de manière transitoire, à la pénurie. Leur engagement et l’initiative associative, totalement bénévoles, ont été soutenus par la mairie de Limans, par un don, ce que peu de mairie ont fait.

Pourquoi la mairie de Limans a acheté des masques industriels ?

Pour ceux qui se demandent pourquoi la mairie a acheté des masques à une entreprise plutôt qu’à nos couturières solidaires, il est important de préciser que l’objectif des couturières solidaires n’était pas de couvrir tous les besoins du marché. Leur groupe s’était constitué en association à but non lucratif et non en entreprise, la mairie n’a donc pas souhaité les charger de couvrir tous les besoins en masques des habitants.

Voila les quelques précisions que nous tenions à apporter dans cette réflexion générale tout à fait importante.  Il est exact que sur certaines régions, des entreprises se sont mobilisées pour répondre à la pénurie, et se retrouvent à présent avec des stocks qu’elles ne peuvent plus écouler. Ici la situation est clairement différente, et il est bon de le faire savoir, et de récupérer les masques de la mairie en toute tranquillité morale.

Nicolas Furet